Yann Toma

Yann Toma est artiste-observateur à l’ONU (New York). Son travail croise l’énergie et les réseaux, tout autant que l’éthique.

Ses projets expérimentent une redistribution de l’énergie entre l’artiste et ses publics et dépendent d’un certain degré en Energie Artistique (EA) pour produire l’œuvre, de sorte qu’elle soit véritablement commune et orientée vers la transformation.

(Sélection : Dynamo-Fukushima, Grand Palais, septembre 2011 – Human Energy, Tour Eiffel, décembre 2015 – Human Greenergy, Cité interdite de Pékin, octobre 2016 – Organisation des Nations Unies New York 2017 – Capitalocene, Leroy Neiman Gallery, New York 2019 – Divinations Opening Gallery New York – Planet Energy Saatchi Gallery 2023, Polarities New York 2024, Transmission Council, Basel 2024)

Sa compagnie « Ouest-Lumière » est à la fois un observatoire et une œuvre globale participative faisant partie d’un processus artistique à la fois théorique et critique. Les expérimentations de Yann Toma permettent la redistribution de l’énergie par le mouvement des corps et des idées en assurant une issue pratique et collective.

De l’idée à la production, l’artiste Yann Toma rend compte des relations entre art, politique et société. 

Préface d’Edouard Glissant extraite du de la Monographie Yann Toma, Editions Jannick, 2004

“De quel Ouest parle-t-on ? Est-ce qu’être à l’Ouest, ce n’est pas aussi être en Occident ? Et si on est en Occident, est-ce qu’il est concevable de déclarer qu’on est aussi en Orient, c’est-à-dire qu’on s’oriente ?Il me semble que c’est important. On peut être désorienté à l’Ouest, mais on peut être aussi dans une lumière d’Ouest, qui lève à l’Orient.

Après réflexion, il me semble que Ouest-Lumière est une très bonne, pas seulement dénomination, mais orientation. Mais après qu’on a fait la lumière sur la caractéristique « Ouest », pour que les fraudeurs possibles à l’encontre de Ouest-Lumière n’aient pas l’occasion de dire que l’orientation n’est pas lumineuse.

L’Ouest, tel que je le conçois dans la formulation Ouest-Lumière, c’est l’en avant, qui n’est pas forcément l’ailleurs. Ce peut être le mouvement en soi. Il peut y avoir des mouvements immobiles, qui sont prodigieux. Ce que le Grand Magnat des Imprévus signalait, c’est que la notion d’Ouest dans Ouest-Lumière était liée à une notion de production de lumière. Il faudrait peut-être la rattacher à une notion de production et de jouissance de lumière en même temps. La jouissance peut être associée à la distribution de lumière, qui n’a pas comme vocation la consommation de la lumière. Elle a pour vocation la jouissance de la lumière. Ce qui n’est pas la même chose.

En Ouest-Lumière. Ce voyage se déroule en Ouest-Lumière, pas à Ouest-Lumière. Parce que « à Ouest-Lumière » a une connotation de colonisation, de projection en flèche, tandis que « en Ouest-Lumière » a une connotation de participation, et par conséquent de plaisir. Ouest-Lumière peut favoriser la sublimation pour tous, à condition qu’on n’essaie pas de la définir. La seule condition est une non-définition. Toute définition est une limitation. Il me semble qu’une des vocations de Ouest-Lumière, c’est d’aller outre toute limitation possible.”

Edouard Glissant